N°13
édition du 22 janvier 2001
bi-mensuel de l'internet
culturel et politique
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 Sommaire


 

EDITORIAL

1.2000, mauvais cru pour l'internet.

 
ENJEUX


2.UMTS ou le trouble à haut débit.

3.Point de Contact.

 


LES CONTENUS

4.Pour 10 briques t'as plus rien!

5.Salon de l'éducation :et sous le parchemin?

6.Témoignage sur les droits photos pour un site internet.


TECHNOLOGIE

7.Quand Java est là...



CULTURE WEB

8.Contes d'automne électroniques.



LE BILLET

9.Bel effort de Multimania pour rallier la cyberculture.


ON A LU

10.L'infantilisme, maladie conservatrice de la nouvelle économie.

 

 

 

 

 


 
EDITORIAL 

1. 2000, Mauvais cru pour l'internet.

Immense embarras chez les commentateurs, sur la déroute de la nouvelle économie.
Certains se sont prestement emparé du rôle le plus comique : ce sont les chantres du capitalisme virtuel qui soutiennent à la fois que cette " correction " était très nécessaire, qu'ils l'avaient prévue sans le dire pour ne pas l'accentuer, et qu'elle ne change rien au mouvement général de l'économie.
Bernard Maître, l'un des plus arrogants de nos gourous locaux, s'y essaie dans le
numéro 2 de Futures.
Quant au rédacteur en chef de Business Week, il présente sans vergogne ses publi-reportages pour le Nasdaq comme l'exemple même d'une anticipation correcte des difficultés actuelles. La démonstration de Monsieur Shepard est brillantissime : si le numéro spécial de Février 2000 s'intitulait " The Boom ", c'est, évidemment, parce qu'il prévoyait " The Crash "...


Messieurs, pourquoi se gêner ? Bon courage, tout de même ; vous allez vous sentir un peu seuls, parce que, visiblement, la plupart des commentateurs ont plutôt décidé d'entonner le De Profundis, dans le genre : le BtoB est enterré, le PtoP racheté, et moi même, je ne sais pas si je vais pouvoir continuer mon supplément multimédia.
Adieu, individualisation du consommateur, dynamic pricing, cash burning, business angels et stock options !

C'est le triomphe du mortar, du bon vieux capitalisme pas très cognitif, mais très physique. D'ailleurs Wired, qui n'en est pas à son premier infanticide, délaisse la nouvelle économie, pour la " network economy ". Comment distingue-t-on une société de la network economy d'une société de la nouvelle économie ? La première fait de la publicité dans Wired. Et la deuxième ? Elle n'existe pas, puisqu'elle ne fait pas de publicité dans Wired.
Il serait pourtant préférable de ne pas tourner la page trop vite, et d'interroger cette faillite de la nouvelle économie, sans aucun doute le trait marquant de l'année 2000 pour l'internet.

Car la faillite est bien là. Faillite générale derrière les faillites particulières. Affirmer que l'économie et la bourse, d'un côté (thèse de la correction), ou l'internet, d'un autre côté (thèse de l'économie en réseau) vont continuer de se développer, c'est plutôt inconsistant. Nous venons bel et bien de vivre l'échec du capitalisme à construire un modèle économique réaliste de fonctionnement de l'internet. Là où les universitaires, les administrations militaires ou civiles, les simples citoyens avaient réussi, le capitalisme a échoué.
C'est à dire que nous ne savons toujours pas à quoi va ressembler l'économie réelle de l'internet, quel que soit le nom qu'on lui donne.


Je ne voudrais pas gâcher le plaisir, mesquin, mais légitime, que procure l'actuelle déconvenue de certains qui, vraiment la méritaient, la correction. Mais je ne suis pas sûr que la faillite générale de la nouvelle économie en 2000 soit tout à fait une bonne nouvelle.

Le capitalisme avait fait un certain effort. Il avait simulé une tentative d'innovation du côté des modèles de consommation, ou des stratégies de développement des entreprises. Il était assez difficile de comprendre pourquoi Monsieur Arnault espérait gagner de l'argent en vendant, avec Boo.com, des produits inconnus à une fraction de la population, minuscule et dispersée, et sensée être, de surcroît innovatrice aussi bien pour la technologie que pour la consommation. La démarche semblait inspirée d'Alphonse Allais; mais justement, par son côté baroque, elle ressemblait à de l'innovation. Cet effort du capitalisme pour devenir internaute a plongé les vrais internautes dans la perplexité. Au moment même où il se décidait à faire comme tout le monde (expérimentation, interconnexion, innovation), le capitalisme engendrait des monstres inouïs comme Boo.com ou Priceline.

La nouvelle économie bluffait. L'actuel retour de bâton, en comparaison, fait assez vulgaire. A nouveau, le capitalisme ressemble au capitalisme. Messieurs Arnault et Meyer, s'ils n'ont pas créé beaucoup de valeur, ont su faire leur propre pelote sur le dos des petits porteurs. Les monopoles triomphent discrètement. Les rentiers font un retour remarqué du côté de la propriété intellectuelle. Le capitalisme fainéant succède peut être au capitalisme délirant.
Trop de capitalistes et pas assez d'entrepreneurs, trop de consensus et pas assez d'innovation, trop d'intox et pas assez d'information, l'année 2000 aura été un mauvais cru pour l'internet.
Il n'est certainement pas très rassurant de constater que la majeure partie de la presse spécialisée, ou des " suppléments ", a nourri le bluff de la nouvelle économie. " Immature " est le mot poli que l'on emploie pour la presse comme pour la bourse. Mais le manque d'indépendance de la plupart des médias, papier et électronique, est la cause véritable de cette immaturité.


A 19Clics, nous sommes convaincus que cette indépendance est primordiale, et qu'elle doit résulter, d'abord, du soutien des lecteurs.
Edgar Lulle

 
 
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ENJEUX

2.UMTS ou le trouble à haut débit.

19clics (parmi les premiers…) s'est interrogé sur la cession des licences de téléphonie mobile de troisième génération, les licences UMTS. Malheureusement, les événements qui ont marqué l'automne ont confirmé nos doutes, à tel point que l'on pourrait presque se demander à qui profite cette parfaite débandade...
Après l'euphorie, le doute sur le prix des licences...
Qu'on se rappelle seulement cette première phase euphorique : la mise aux enchères des licences UMTS en Grande Bretagne, puis en Allemagne (8 milliards d'Euros par licence). C'était le temps de l'optimisme, les valeurs boursières des entreprises technologiques et de la " nouvelle économie " étaient au plus haut.


C'est avec l'Italie que le scénario a commencé à changer. Le gouvernement italien attendait jusqu'à huit candidats pour les fréquences. Au départ, la plupart des grands opérateurs européens étaient présents à travers différentes alliances : Telecom Italia, le Britannique Vodafone, France Telecom, British Telecom et l'Espagnol Telefónica... Seul Deutsche TeleKom avait choisi de rester à l'écart du marché italien. Las, l'opérateur Blu se désistait après seulement trois jours d'enchères, ne laissant en compétition que cinq candidats, pour cinq licences...Mauvais pour le suspense. Chaque opérateur ne déboursera que 2,5 milliards d'Euros contre les cinq attendus.
Avec la Suisse, le scénario a tourné à la catastrophe. Après avoir été plusieurs fois reportée, la vente s'est tenue, mais les quatre licences ont été vendues pour la somme de leur mise à prix. : 135 millions d'Euros, 205 millions de Francs suisses, alors que la Suisse avait espéré en obtenir 8 milliards. Après, rien n'a plus été pareil. La Pologne a renoncé aux enchères et a attribué trois licences aux trois candidats qui s'étaient présentés, pour un prix unitaire de 650 millions d'Euros. La Suède a cédé ses licences UMTS gratuitement et décidé de privilégier la qualité des offres et la couverture du territoire. Elle suivait, en cela, la Finlande, premier pays a céder quasi gratuitement ses licences UMTS en 1999. L'Espagne lui avait emboîté le pas et le gouvernement espagnol s'était vu vertement critiqué pour n'avoir obtenu que 500 millions d'Euros.

Et la France ? On sait que la procédure retenue est celle du " concours de beauté " et que 4 licences UMTS seront cédées pour 4,95 milliards d'Euros pièce, un niveau certes très inférieur au record allemand mais deux fois plus élevé qu'en Italie. Le produit de cette vente ira au fonds de retraite. La voie est médiane, mais les licences restent chères.
Qu'est-ce qui est en jeu dans ces procédures d'attribution de licence ? D'abord, très naturellement, plus les licences sont chères, moins les obligations d'intérêt général imposées aux opérateurs sont fortes. C'est aussi parce que les fréquences audiovisuelles sont gratuites que l'état peut imposer des cahiers des charges aux chaînes de télévision. Ainsi, les trois pays représentant les marchés potentiels les plus étendus ont décidé de sacrifier l'intérêt du consommateur au profit immédiat. Les effets s'en feront lourdement sentir, non seulement sur les factures des abonnés mais aussi sur le développement du marché.
En effet, les doutes grandissent sur le rapport entre le coût du déploiement du réseau et la rentabilité des usages qui en sont attendus.
Alors que l'on a annoncé que la technologie UMTS permettrait le multimédia mobile à haut débit, les prévisions sont maintenant moins optimistes. UMTS, ce sera cher à déployer et il n'est pas certain que cela fonctionne aussi bien qu'on l'a dit. Dans le Financial Times, l'opérateur japonais NTT DoCoMo, numéro 1 mondial de l'internet mobile, a déclaré que le téléchargement de fichiers audio et vidéo pourrait s'avérer trop coûteux car ces fichiers demanderaient trop de bande passante. Ce coût devrait selon l'opérateur japonais limiter ce type d'utilisation à des clips d'une quinzaine de secondes. Le mobile garderait une fonction de vitrine, les téléchargements " lourds " étant réservés aux appareils fixes du foyer. Notons que NTT DoCoMo devrait proposer à partir de mai 2001 le premier réseau UMTS basé sur sa norme W-CDMA à ses clients japonais, et qu'il n'en attend pas de hausse importante de revenus.
Une expérience menée en Grande-Bretagne vient confirmer les propos de l'opérateur japonais. Un réseau UMTS expérimental a été installé à Cambridge selon les critères établis par certains opérateurs qui pensaient pouvoir se contenter du même nombre de relais que pour la téléphonie mobile GSM. Ce réseau a tout juste supporté le transport de la voix et de la navigation sur le Web, mais s'est effondré quand le courrier électronique et la transmission vidéo ont été ajoutés. Cette expérience a montré qu'il serait nécessaire de doubler le nombre de relais pour assurer les services attendus... Cela accroît très sensiblement les investissements prévus par les opérateurs.
Les plus hauts responsables du secteur des télécoms commencent à exprimer publiquement leurs doutes. Lors d'une conférence organisée à Londres, Henri Piganeau, vice-président de Vivendi Telecom International, a déclaré que l'idée selon laquelle la technologie UMTS encouragerait les consommateurs à dépenser plus relevait de l'utopie. Selon lui, les recettes par abonné resteraient au même niveau. " L'UMTS augmente la capacité technique du marché et nous savons d'expérience que quand la capacité augmente, les prix baissent ", a-t-il ajouté.

Selon Martin Varsavsky, PDG de l'opérateur espagnol Jazztel, les prix atteints lors des enchères britanniques et allemandes étaient stupides. " Nous avons réalisé que nous avions été idiots de payer plus pour de simples raisons de notoriété ", a-t-il déclaré. Il a estimé que la technologie GPRS (General Packet Radio Service), récemment inaugurée et qui permet de connecter en permanence les mobiles à l'internet, permettra de satisfaire la majeure partie de la demande et entrera en compétition directe avec l'UMTS. Spécialiste du secteur chez le fonds d'investissement américain Fidelity, David Baverez fait l'analyse suivante : " Les opérateurs vont investir 300 milliards d'Euros dans les licences et les infrastructures. En 2005, les revenus seraient entre 50 et 60 milliards. Si l'on veut être vraiment généreux, on peut imaginer 100 milliards. On aurait un Ebitda (résultat brut d'exploitation) de 30 milliards, soit un retour sur investissement de 10%. Ce n'est pas attractif ".
En résumé, les opérateurs vont devoir débourser plus que prévu pour déployer leur réseau, alors que plusieurs d'entre eux sont actuellement soupçonnés de ne plus posséder assez de fonds pour construire de nouveaux réseaux, et ce pour une demande qui reste hypothétique. Des opérateurs ratissés...
Pour être présents sur les principaux marchés, les opérateurs devront débourser des sommes colossales. Ainsi, Vodafone, leader du marché du GSM en Europe, pourrait être le seul présent à la fois sur les six premiers marchés d'Europe mais il devra pour cela verser près de 20 milliards d'Euros aux gouvernements européens. France Telecom, qui arrive en second rang dans la compétition, devra lui dépenser près de 15 milliards d'Euros.

Conclusion... À qui profite le crime ?
Il n'est pas certain que toute cette opération soit une bonne chose pour le marché des télécommunications ni pour la construction européenne. On sait que le vieux continent comptait rattraper son retard dans les technologies de l'information et de la communication grâce à l'avance prise dans la téléphonie mobile GSM. On sait aussi que cela avait été rendu possible grâce à l'adoption, très en amont, de la norme commune GSM. Le marché s'était développé plus rapidement qu'aux Etats-Unis. Remarquons en tout premier lieu que la méthode choisie ne rend pas les citoyens européens égaux face à cette technologie. Le prix payé par licence UMTS rapporté à un habitant varie de 12 à 630 Euros. C'est contraire à toute bonne politique d'aménagement du territoire et aux déclarations sur la lutte contre le fossé numérique.
Ensuite, si l'UMTS européen est si attractif qu'il justifie de si folles enchères, on peut se demander pourquoi les opérateurs américains n'ont quasiment pas été présents dans la compétition. On notera que les enchères américaines n'ouvriront qu'en septembre 2002, et qu'il n'y a plus guère que Vodafone qui aura les capacités financières nécessaires pour y participer. Comment ne pas s'étonner enfin que l'expérience britannique qui a conclu à la nécessité de doubler le nombre de relais ait été conduite par un conseiller technique du gouvernement britannique lors des enchères UMTS du printemps dernier, qui, sans doute à l'époque, a tenu de tout autres discours et s'était bien gardé d'exprimer ses doutes ?
Bref, si l'on avait voulu affaiblir durablement les opérateurs de téléphonie européens dans le jeu de la concurrence internationale, on ne s'y serait pas pris autrement. Cela ressemble trait pour trait à la technique du leurre. Elle est bien connue. La base en est la désinformation. Mais ne devenons pas paranos. La faute incombe peut-être seulement à la grande futilité des analystes et des consultants en tout genre...
Pierre Bastogne

Sources:
Le tableau comparatif de l'UMTS en Europe : [http://www.idate.fr]

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3. Point de contact.

Au cours de leur campagne contre l'amendement Bloche et contre les durcissements qui lui avaient été apportés au Sénat, les fournisseurs d'accès et d'hébergements avaient toujours vanté les mérites de l'auto-régulation.
Aujourd'hui, après la décision du Conseil Constitutionnel, les fournisseurs d'accès sont considérés comme presque totalement irresponsables et les hébergeurs ne sont responsables qu'en cas d'intervention judiciaire.
L'AFA (Association Française des Fournisseurs d'Accès et de Services Internet constituée de plus d'une vingtaine de sociétés commerciales telles AOL, Business-Village, Free Nomade, Noos, etc) a donc remarquablement tiré son épingle du jeu.
Elle s'efforce aujourd'hui de tenir ses promesses déontologiques. Après la netiquette ou la lutte contre le " spam ", elle s'intéresse au filtrage en lançant une nouvelle version de son site " Point de Contact ".
L'idée de Point de Contact est de permettre aux utilisateurs de l'internat de " faire face " aux sites à contenus présumés illégaux.
L' AFA se limite aux contenus pédophiles ou visant à l'incitation à la haine raciale (La société Yahoo ! France a fait preuve d'une certaine schizophrénie en soutenant l'initiative).
Les activités qui pourraient être caractérisées comme dénigrements, diffamations, atteintes aux droit à l'image, aux droits d'auteurs, etc., ne sont donc pas concernées.

On peut s'interroger sur la portée de cette auto-régulation.
Le site présente trois pistes " Vous aider à comprendre, vous aider à agir en présence de contenus présumés illégaux, transmettre vos réclamations ".
Il présente de larges extraits de textes législatifs à propos des mineurs et de la discrimination raciale. Il donne la liste des organismes défenseurs des droits de l'enfant et des logiciels de filtrage en langue française et anglaise.
Il veut enfin faciliter l'identification des interlocuteurs auxquels la réclamation doit être adressée et des autorités légales qui peuvent recevoir la plainte.
L'initiative est assez ambiguë : on pourrait penser que Point de Contact est un espace de traitement des questions alors qu'en réalité, il s'agit purement et simplement, un peu sur le modèle des SVP, d'un simple site d'information.
Et pour ce prix, les fournisseurs d'accès et de services s'achètent une conduite et donnent l'image d'un groupe professionnel capable de s'auto-réguler ce qu' illustre, on ne peut plus clairement, en fin de page d'accueil, le lien vers " La Charte Internet Confiance de Vivendi " avec ses " 7 grands principes " dont " la protection de l'enfant et l'affirmation d'une éthique des contenus ".

Jusqu'à plus ample informé, il ne semble pas que l'indépendance du web fasse partie de cette éthique des contenus.
Rose Hermitage

Clics officiels:
[http://www.afa-france.com]
[http://www.pointdecontact.org/]

 
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CONTENUS

4. Pour 10 briques t'as plus rien !

Dans un précédent numéro, nous vous annoncions que la nouvelle webtv nouvo.com s'apprêtait à investir 10 millions de francs dans des programmes interactifs. Quelques mois après, il s'avère qu'investissement dans des contenus n'a pas signifié investissement dans des contenus innovants. Pourtant, après " pendant que vous regardez Canal +, vous ne regardez pas la télévision ", Eric Clin l'affirme, " Nouvo est une télévision pour les déçus de la télévision ".

Nouvo, télévision interactive sur le web, a été lancée en mai 2000 puis relookée en septembre. L'équipe compte aujourd'hui une cinquantaine de collaborateurs dont la moitié de " chroniqueurs ". Mais qu'y a-t-il de nouveau dans ce service ?

Les contenus ? Ouvertement divertissante, cette télévision propose une cinquantaine d'heures de programmes vidéo à la demande : émissions courtes avec animateurs, dessins animés, sitcoms, etc. un ensemble dont l'originalité est digne des heures les plus creuses de la télévision hertzienne. Il faut vraiment s'ennuyer au bureau, même quand on a entre 25 et 35 ans, pour préférer Catherine Benguigui à la machine à café, et même si Caliméro nous rappelle nos couches-culottes, sa coquille résiste à nos légitimes envies d'interactivité sur le web.
Le support ? webtv aujourd'hui, Eric Clin affirme explicitement que ce service a vocation à basculer sur n'importe quel support demain, dès que les coûts de diffusion le permettront. Rappelons que le coût de lancement d'une webtv est 10 fois moindre que le coût de lancement de la télévision traditionnelle la moins chère. Le web n'est donc qu'un pis-aller, une étape de développement à bas prix.
Le " modèle économique " comme on dit aujourd'hui ? publicité (interactive ! comme Kiss Cool) et sponsoring de programmes (Hollywood et sports Xtrem), abonnements (prévus pour 2001), paiement à l'acte (lorsque les micropaiements seront simples et sécurisés), vente de contenus (13 Catherine Benguigui à la douzaine) demain, sont les sources de financement actuels et prévus. Ce " business model " peut être rapproché de celui d'Nrj sur le web qui propose la même chose plus l'exploitation d'une base de données qualifiée et du commissionnement sur des ventes de biens. Nrj n'étant pas spécifiquement une start-up, que faut-il en conclure sur la nouveauté des sources de financement ? D'autant plus, qu'il y a fort à parier que la longue expérience d'Nrj dans le domaine de la publicité devrait être un atout pour cette entreprise, symbole d'un média traditionnel qui opère sa migration vers un nouveau support. Il semblerait que ce ne soit pas seulement les médias qui convergent mais aussi leurs modèles de financement.

On est loin de l'innovation attendue d'un nouveau média et, pour le moment, en termes de contenus audiovisuels, les expériences innovantes viennent encore de médias traditionnels (Canal + par exemple) ou de secteurs professionnels comme la communication d'entreprise.
Eve Lomé

Sources:
L'intervention d'Eric Clin aux Journées de l'Idate 2000

Clic officiel :
[http://www.nouvo.com]

Clic interne :
" Des images et du web ":
[http://19.clics.free.fr/Numero08/2000-05-08.htm#6]

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5.Salon de l'éducation :et sous le parchemin?

Les talents de communicateur de Jack Lang sont intacts. Les médias ont abondamment relayé sa remise des premiers diplômes de l'internet à l'occasion du Salon de l'Education.

Des diplômes, pourquoi pas ? Ce ne serait pas une mauvaise idée que la compétence en matière de technologies de l'information puisse être sanctionnée, à différents niveaux, et prise en compte pour le recrutement ou…le salaire (Je sais ; je me fais du mal).
Renseignements pris au Salon lui même, sous le parchemin, le diplôme n'est pour le moment qu'un projet en cours d'élaboration. Concrètement, l'examen semblait être un questionnaire avec différents chapitres sur l'ordinateur, le réseau, les services du net.

L'autre annonce du salon était le cartable électronique de Vivendi. C'est une sorte de gros bouquineur (e-book) propriétaire, c'est à dire asservi à une technologie particulière, et limité aux contenus du groupe. Les manuels des différentes disciplines, au catalogue d'Havas, Nathan, et autres, ont été numérisés et réorganisés pour permettre une lecture électronique. Navigation passive. Pas de possibilité de réutiliser les contenus. Le prix n'est pas encore rendu public. Il semblerait que le produit soit trop cher pour trouver son marché sans subvention de l'état.
De manière générale, malgré l'insistance mise sur le e-learning, le Salon de l'éducation donnait l'impression qu'on tourne toujours autour du pot. Les applications multimédia s'étendent à tout ce qui est périphérique à l'enseignement lui même : communication interne au monde de l'éducation, documentation, supports de cours, animation.
Mais l'idée de se servir de l'ordinateur, puis du multimédia et du réseau pour l'enseignement est vieille aujourd'hui de près d'un demi-siècle. Elle est jalonnée des propositions de Vannevar Bush , ou Allan Kay.


La question fondamentale reste sans véritable solution.
L'ordinateur et le réseau concrétisent certaines conceptions de l'activité cognitive, et, plus largement, de ce qu'on appelait autrefois les " facultés " (la perception, l'attention, la mémoire, le langage, la pensée,etc). Ces conceptions ne sont pas nécessairement systématisées, ni évidentes, ni même explicitées.
Sont elles compatibles, peuvent elles être associées aux conceptions correspondantes que l'enseignement actuel met en pratique ?
Est ce qu'une pédagogie marquée par les conceptions de Piaget peut s'inspirer des thèses de Fodor qui en prend le contre-pied ?

Ce n'est pas seulement un débat théorique sur la philosophie de l'esprit ou le fonctionnement du cerveau. Il y a une manière de lire, de s'informer, de s'exprimer, qui est propre à la pratique informatique. Les enseignants qui travaillent sur ces questions auront trouvé peu d'éléments de réponse au salon de l'éducation.
En revanche, comme aux Etats-Unis, on continue à débattre sur le thème fumeux : l'enseignement en ligne peut il se passer d'enseignants ?
La réponse est : non.
Francis Linart

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6. Témoignage sur les droits photos pour un site internet.

19clics a mené une petite investigation sur les droits de reproduction appliqués à internet auprès d'une dizaine d'agences photographiques et autres photothèques parisiennes.
Cas d'école : un éditeur scolaire s'apprête à publier un livre papier d'histoire géographie pour ces chères petites têtes blondes. Au cours de la recherche iconographique, l'éditeur s'enquiert des droits supplémentaires pour mettre en ligne gratuitement ce même document, téléchargeable au format pdf avec accès sécurisé.
Les tarifs et formules pratiqués par les agences et photothèques consultées peuvent se répartir en trois catégories :

-Des droits de reproduction pour internet majorés jusqu'à 500% pour la reprise d'une photo déjà payée pour la version papier.
Avec parfois des exigences la qualité d'impression de la photo doit être médiocre. Et quand vous demandez si par conséquent le format pdf est accepté, vous sentez la confusion de votre correspondant qui ignore de quoi vous lui parlez.
Cette différence de prix astronomique entre le papier et le site est souvent le cas des musées et photothèques relevant d'institutions publiques qui pratiquent des tarifs de reproduction papier peu élevés (200F pour un quart de page, au plus petit tirage). Comme si la notion de service public était réservé au monde réel ou que ces photothèques voulaient se rattraper, voire se venger, sur cette nébuleuse de start-up qui brassent des millions avec leurs photos.

-Des tarifs presque identiques aux droits mondiaux.
Oui mais l'éditeur concerné ne s'adresse qu'aux écoliers français et de plus est avec un accès contrôlé. Peu importe car " internet c'est mondial, tout le monde le sait ". Des négociations menées avec deux agences " caciques " parisiennes, situées de part et d'autre de la Seine, ont dévoilé des conditions parfois amusantes et des prix qui font rêver (ceux qui les encaissent bien sûr, pas ceux qui les payent). Pour l'une, les droits sont fonction de la durée de la mise en ligne et de la proportion occupée par l'image dans la page web (la différence entre page écran et page web semble troubler la commerciale de l'agence) . Toujours est-il que la question de la taille de l'image peut être détournée facilement : le webmaster n'aura qu'à laisser beaucoup de blanc dans le bas de sa page web. En ce qui concerne la durée de la mise en ligne, l'éditeur se demande de plus en plus s'il va vraiment mettre en ligne sa publication. D'autant plus que le contact avec l'agence concurrente située rive gauche achève de le déprimer. A sa rituelle question sur les droits supplémentaires à acquitter pour la mise en ligne sur internet, il lui est demandé si cela concerne un site. Non, c'est pour un concours de pêche à la mouche a-t-il envie de répondre. On lui propose un tarif double du tarif papier, et ce pour une durée de … un mois.

-50% des droits papier pour toute reprise de photos sur internet, souvent sans limite de durée
Cette tendance semble s'affirmer auprès d'agences de taille moyenne et relativement modernes.

En résumé, Les formules et tarifs appliqués se cherchent encore et ne prennent nullement en considération les différentes façons de rendre accessible un document sur internet.

Est-il normal qu'une photo intégrée à un document téléchargeable sous accès sécurisé soit facturée au même prix que la photo mise directement sur une page d'accueil ? Derrière cela se cache le fait que certaines photothèques ne savent pas interpréter et évaluer l'édition d'un site web.
Comme si celles qui n'utilisent pas internet considèrent ipso-facto que mettre en ligne équivaut à un tirage papier illimité et appliquent par conséquent des prix eux-mêmes illimités. Les agences de la troisième catégorie n'idéalisent pas internet et lui appliquent les tarifs habituels des reprises photos, sans trop se poser de question pour le moment.
Une démystification et une bonne connaissance d'internet semble au minimum nécessaire pour mettre en place des grilles de tarifs applicables pour l'édition de sites internet (nature de la page sur laquelle est mise l'image, statistiques de fréquentation du site, sécurisation de l'accès, qualité et format d'impression…).

Notre pauvre éditeur a quant à lui décidé de suspendre sa mise en ligne et de faire plancher sa juriste sur la question.

Ce témoignage n'a pas valeur statistique, mais vise à recueillir vos réactions, interventions et propositions quant à la question des droits photos sur internet.
Maya Kalsé

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TECHNOLOGIE

7. Quand Java est là...

Quand on parle de convergence des technologies numériques, on pense d'abord aux tuyaux, puis aux contenus et aux programmes. On saute alors une étape importante, celle d'un environnement logiciel convergent lui aussi qui permette de naviguer dans cet univers numérique, de passer insensiblement de la télévision à l'ordinateur, de l'ordinateur à l'organiseur personnel, au téléphone portable ou encore au réfrigérateur connecté, de surfer, de commander un film ou une pizza, tout en dialoguant avec ses amis ou en envoyant des messages électroniques. Cette convergence logicielle existe, elle est même déjà célèbre chez les internautes, c'est un langage informatique, c'est Java, développé par Sun Microsystems. Récit d'une stratégie gagnante.

Dès l'origine, au début des années 90, Java a été conçu par Sun Microsystems pour les boîtiers décodeurs numériques de la télévision interactive mais c'est l'internet qui l'a sorti de l'anonymat, en 1995 et surtout en 1996. L'internet, on le sait, c'est d'abord l'interopérabilité du protocole TCP-IP quel que soit le système d'exploitation. Mais les applicatifs disponibles au début de l'internet grand public (" SMPT " pour le courrier électronique et " html " pour le Web), efficaces mais assez peu interactifs, peinaient à faire de l'internet une plate-forme réellement multimédia et multisupports. Il fallait un langage adapté, souple et surtout indépendant du processeur utilisé. Ce fut Java. Il permet au programmeur d'écrire son programme une fois pour toutes : " Write once, Run anywhere ". On l'écrit une fois, cela marche partout puisque le programme décrit une machine virtuelle qui, en quelque sorte, vient se greffer sur le système d'exploitation.

Quatre ans plus tard, Java s'est imposé dans tous les secteurs de la " société de l'information ". Outre le Web, où il est très largement présent, Java s'impose dans les principaux standards développés par les industriels de ces secteurs :


- dans OSGi, un regroupement d'industriels qui définit les futures normes de connexion pour la domotique ;

- dans les normes du forum DVB dont les membres ont décidé d'adopter Java pour leur spécification " MHP " (Multimedia Home Platform) pour la télévision interactive. Le forum DVB est un consortium rassemblant plus de 250 diffuseurs de contenu, fabricants, opérateurs réseau et organismes de réglementation répartis dans plus de 30 pays, avec pour objectif de développer un standard mondial pour la diffusion télévisée numérique ;

- dans le standard GSM, premier standard mondial pour les téléphones portables ;

- dans la spécification HAVi (Home Audio/Video Interoperability). Le consortium HAVi rassemble les grands opérateurs de l'industrie audiovisuelle. Il a pour objectif de parvenir à l'interopérabilité des produits hi-fi et vidéo numériques grand public. La technologie Jini de Sun, pour les équipements embarqués, assurera le lien entre les appareils conformes à la spécification HAVi et l'internet.

Outre les applets java qui fonctionnent sur tous nos ordinateurs, on sait généralement moins que le langage Java est à la base des principales offres commerciales de systèmes de télévision interactive disponibles sur le marché, notamment MediaHighway développée par Canal+, qui revendique 70 % du parc de décodeurs installés en Europe et OpenTV utilisée en France par TPS, qui revendique 4,5 millions de décodeurs installés dans le monde. OpenTv et Sun sont alliés depuis 1997.
Belle réussite pour Sun, qui tient ainsi une place centrale dans la société en réseau.
Belle constance aussi. Sun n'a-t-il pas pris comme devise, en 1982, " The network is the computer ". (Le réseau est l'ordinateur.)
Pierre Bastogne

Sources:
[http://www.sun.com]
[http://www.itasset.com/gb/3-Technologies_marches/articles/article_97-05.html]
[http://www.daikiri.com/TeleInteractive.htm]

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CULTURE WEB

8.Contes d'automne électroniques.

Deux manifestations auraient pu marquer la fin de l'automne et la fin du siècle, dessinant le passage à l'autre millénaire. ISEA 2000, (International symposium for electronic arts) rassemblait à Paris des artistes du monde entier se réclamant des arts électroniques. Le festival " Interférences " les regroupant ensuite à Belfort pour " les Nuits savoureuses ". Elles ont été peu suivies par le grand public. Il n'est pas certain qu'il y ait vraiment manqué.

Le promeneur amateur - votre chroniqueur - aura bien du mal à définir ce que pourraient être les arts électroniques à la sortie de ces deux manifestations. Il y aura vu de la vidéo, analogique ou numérique, pilotée ou non par ordinateur. Des robots industriels pilotés par les influx électriques des lobes gauche et droit du cerveau captés par un casque sorti d'un hôpital même pas futuriste. Des spectacles bizarres utilisant projections, mixes de musique ou encore des myriades d'algorithmes à l'intelligence artificielle, que l'acteur peut nourrir ou tuer. On aura assisté à des ballets de bras articulés. On aura joué avec une statue classique assortie de charnières et de capteurs la faisant parler comme une poupée de bronze post surréaliste. On aura marché sur des installations interactives, pénétré dans des grottes de réalité virtuelle, parlé par vidéo conférence, de Belfort à des passants parisiens. Bref, on aura manipulé tout un bric à brac technologique qui peine à faire mouvement, à dessiner des esthétiques, à donner du sens.

On sortira de là en se demandant s'il est bien sérieux de parler encore d'arts électroniques. S'il s'agissait de rendre compte, d'une manière un peu naïve et parfois bricolée, d'une création contemporaine qui utilise des technologies qui, toujours davantage, se banalisent, l'objectif est en partie atteint. Belfort ne semblait d'ailleurs pas avoir d'autre ambition et la manifestation était bien plus réussie qu'à Paris. Car, s'il s'agissait, à l'aide du pompeux mot " symposium " de faire croire qu'il y avait un art électronique comme il y a un art cinématographique, il n'est pas certain que la démonstration soit faite.
Pierre Bastogne

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BILLET

9.Bel effort de Multimania pour rallier la cyberculture.

Sur internet, pas un jour sans blague sur les blondes.
Et voilà que notre ex-hébergeur, dans un louable souci de ne pas être définitivement coupé de la culture internet, grâce à un slogan publicitaire finement ciblé et reposant sur un humour alliant l'ironie au bon goût, nous propose de construire nos pages perso en débutantes.
Merci donc à Multimania de nous rappeler que la netiquette n'empêche pas les vieilles valeurs de s'exporter vers le monde électronique.
Si je lui dis que je suis blonde, exigera-t-il un e-droit de cuissage?
Eve Lomé

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ON A LU

10.L'infantilisme, maladie conservatrice de la nouvelle économie.

Si vous avez dû affronter une " fête " de Noël bien formatée (c'est à dire, cette année : Pokhémon, Play Station 2, Harry Potter) alors, n'ouvrez pas " la société de consolation " de Jeremie Lefebvre ; vous risquez d'attraper le blues.

L'histoire d'Ubi-free, le " syndicat virtuel " monté par Jérémie Lefebvre et quelques autres salariés d'Ubisoft, a été une success story de la société de l'information en France. Oriane Garcia pour l'économique, Valentin Lacambre pour le politique, il manquait une figure pour le social et Lefebvre se fit connaître.
Succès ambigu. Avec ses poisons (le paternalisme manipulateur des patrons d'Ubisoft) la nouvelle économie sécrétait ses contre poisons : " Alors Sandrine se penche, écrase lentement sa cigarette et dit à mi-voix en nous regardant : Internet ". Jeremie Lefebvre souligne d'ailleurs à quel point les commentaires allaient rapidement tourner en boucle : " L'état du personnel n'était pas un sujet intéressant, ce qui était intéressant (pour les médias), c'était l'émergence d'une nouvelle façon d'emmerder le monde ". Deux ans plus tard, la boucle fonctionne nettement moins bien et ce sont des syndicats bien réels qui se mettent en place à Amazon.France et dans les autres paradis de la nouvelle économie.
Mais " la société de consolation " propose bien plus qu'un récit de la première lutte sociale de la société de l'information. Le livre porte en sous-titre " Chronique d'une génération ensorcelée ". C'est une charge contre l'infantilisme, la régression, l'esprit consensuel et soit disant positif. Pour avoir le premier craché dans cette blédine là, il sera beaucoup pardonné à Jeremie Lefebvre.
Envoutés et voutés , les cadres et salariés de " CM France " ont des mœurs étranges. Ils organisent des soirées Haribo lorsqu'un marché est obtenu. Ils s'échangent les génériques des dessins animés de leur enfance. Ils sont les enfants de Nintendo et de Chantal Goya qui ne veulent pas connaître d'autre monde que le pays joyeux des enfants heureux, des monstres gentils. Ces champions de l'innovation sont des conservateurs à tout crin. Ces hyperactifs sont sous tranquillisants.

Ce type d'infantilisme a diffusé largement dans le monde de l'internet : nous n'avons pas besoin de lois ; nous voulons nos propres lois ; nous voulons garder précieusement cette manière de faire si positive et si tranquille. La société de l'information conçue sur le modèle d'un cour de récréation, voilà ce que Lefebvre met à jour : la création, pour " rire ", de cyber-partis politiques, la monnaie virtuelle avec des haricots ou des patates, les business plan à la Boo.com.
En 1988, Guy Debord écrivait, dans les " Commentaires sur la société du spectacle " : " Le changement qui a le plus d'importance, dans tout ce qui s'est passé depuis vingt ans, réside dans la continuité même du spectacle. Cette importance ne tient pas au perfectionnement de son instrumentation médiatique, qui avait déjà auparavant atteint un stade de développement très avancé : c'est tout simplement que la domination spectaculaire ait pu élever une génération pliée à ses lois. " Le roman de Jérémie Lefebvre est une chronique des " conditions extraordinairement neuves dans lesquelles cette génération a effectivement vécu ".

Le livre est facile à lire, un peu dans la manière de Houellebecq. L'auteur connaît les théories critiques modernistes, et le cache assez bien. Il publie chez sens&tonka. Ca vous changera de Pierre Lévy et Jean Marie Messier.
Edgar Lulle

Source :
Jérémie Lefebvre," La société de consolation", édition sens &tonka,2000, 105FF.

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© 19clics -29 janvier, 2001
Les pictos sont d'Agnès Lanchon