N°13
édition du 22 janvier 2001
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culturel et politique
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8.Contes d'automne électroniques.

Deux manifestations auraient pu marquer la fin de l'automne et la fin du siècle, dessinant le passage à l'autre millénaire. ISEA 2000, (International symposium for electronic arts) rassemblait à Paris des artistes du monde entier se réclamant des arts électroniques. Le festival " Interférences " les regroupant ensuite à Belfort pour " les Nuits savoureuses ". Elles ont été peu suivies par le grand public. Il n'est pas certain qu'il y ait vraiment manqué.

Le promeneur amateur - votre chroniqueur - aura bien du mal à définir ce que pourraient être les arts électroniques à la sortie de ces deux manifestations. Il y aura vu de la vidéo, analogique ou numérique, pilotée ou non par ordinateur. Des robots industriels pilotés par les influx électriques des lobes gauche et droit du cerveau captés par un casque sorti d'un hôpital même pas futuriste. Des spectacles bizarres utilisant projections, mixes de musique ou encore des myriades d'algorithmes à l'intelligence artificielle, que l'acteur peut nourrir ou tuer. On aura assisté à des ballets de bras articulés. On aura joué avec une statue classique assortie de charnières et de capteurs la faisant parler comme une poupée de bronze post surréaliste. On aura marché sur des installations interactives, pénétré dans des grottes de réalité virtuelle, parlé par vidéo conférence, de Belfort à des passants parisiens. Bref, on aura manipulé tout un bric à brac technologique qui peine à faire mouvement, à dessiner des esthétiques, à donner du sens.

On sortira de là en se demandant s'il est bien sérieux de parler encore d'arts électroniques. S'il s'agissait de rendre compte, d'une manière un peu naïve et parfois bricolée, d'une création contemporaine qui utilise des technologies qui, toujours davantage, se banalisent, l'objectif est en partie atteint. Belfort ne semblait d'ailleurs pas avoir d'autre ambition et la manifestation était bien plus réussie qu'à Paris. Car, s'il s'agissait, à l'aide du pompeux mot " symposium " de faire croire qu'il y avait un art électronique comme il y a un art cinématographique, il n'est pas certain que la démonstration soit faite.

Pierre Bastogne (pierre.bastogne@caramail.com)

 

 



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